CTI-CI

PI-SPI : seuls trois SFD ivoiriens autorisés à proposer les services au public, comment accompagner les autres ?

La publication de la liste des 175 participants autorisés à ouvrir les services de PI-SPI au public marque une nouvelle étape pour les paiements dans l’UEMOA. Pour la microfinance ivoirienne, elle souligne aussi un enjeu collectif : permettre à davantage d’institutions de participer à cette transformation, en tenant compte de leurs moyens et de leur maturité technologique. Une ambition au cœur de la vocation du CTI-CI.

Au 30 septembre 2026, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest recense 175 participants autorisés à ouvrir au public les services de la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané, PI-SPI. La Côte d’Ivoire compte 38 participants dans cette liste, parmi lesquels seulement trois systèmes financiers décentralisés : Baobab, Cofina et Fin’Elle.

 

Cette présence constitue un signal encourageant pour la microfinance. Elle montre que des SFD prennent leur place dans la transformation des paiements régionaux. Elle invite également à poser une question essentielle : comment permettre à un plus grand nombre d’institutions, y compris celles disposant de ressources techniques et financières plus limitées, de rejoindre cette dynamique ?

La réponse engage la capacité du secteur à se moderniser collectivement.

Il convient toutefois de lire cette liste avec précision. Elle porte sur l’autorisation d’ouvrir les services de PI-SPI au public. Elle ne permet pas, à elle seule, de conclure qu’un établissement absent serait mal géré, dépourvu de capacités technologiques ou en infraction. Elle ne renseigne pas non plus sur l’état d’avancement de chaque projet de connexion. L’enjeu est donc d’identifier les besoins d’accompagnement, sans porter de jugement général sur les institutions concernées.

Pour un SFD, l’intégration à un environnement de paiements interopérables représente un chantier qui dépasse l’installation d’une interface informatique. Elle suppose de préparer le système d’information, de fiabiliser les données, d’organiser les contrôles, de sécuriser les accès et de former les équipes. Il faut également pouvoir suivre les opérations, traiter les incidents et accompagner les clients dans l’utilisation des nouveaux services.

Ces efforts ne pèsent pas de la même manière sur tous les établissements. Une institution disposant d’une équipe informatique structurée peut mobiliser des compétences internes. Une structure plus petite peut devoir rechercher des prestataires, financer des adaptations et organiser la formation de collaborateurs déjà fortement sollicités par les activités quotidiennes.

La proximité avec les clients, qui constitue une force de la microfinance, ne s’accompagne pas nécessairement de moyens technologiques importants. Cette réalité doit être intégrée dans les démarches de modernisation. Demander aux institutions d’évoluer suppose aussi de leur rendre accessibles les compétences, les outils et l’appui nécessaires.

C’est précisément dans cette perspective que s’inscrit le Centre de Traitement Informatique de Côte d’Ivoire. Constitué en groupement d’intérêt économique, le CTI-CI a pour mission de proposer aux SFD des services numériques mutualisés, sécurisés et économiquement soutenables, en intégrant les exigences réglementaires applicables. Sa vocation couvre la modernisation technologique des institutions et le renforcement de leurs capacités opérationnelles.

La mutualisation offre une réponse concrète à la dispersion des moyens. Elle permet d’envisager le partage de certaines infrastructures, de compétences spécialisées et de dispositifs de support. Pour les SFD, l’intérêt est de pouvoir accéder à des ressources qu’il serait parfois difficile de financer et d’entretenir individuellement.

Cette approche exige cependant une attention constante aux réalités de chaque institution. Un même parcours ne peut pas être imposé indistinctement à un SFD déjà largement informatisé et à une structure dont certains processus restent manuels. Les besoins, les priorités, le budget et la capacité des équipes à absorber les changements doivent guider les décisions.

Un accompagnement pertinent doit ainsi commencer par un diagnostic : quels outils sont utilisés ? Les données sont-elles fiables et suffisamment structurées ? Quels risques doivent être traités en priorité ? Quelles adaptations sont nécessaires et quels coûts devront être supportés dans la durée ? Ce travail permet de construire une feuille de route réaliste, avec des étapes compréhensibles et des responsabilités clairement définies.

L’objectif est de rendre les exigences applicables plus faciles à traduire en actions concrètes. La préparation technique, la formation, la documentation des procédures et le suivi des écarts doivent progresser ensemble. L’accompagnement prépare les institutions à satisfaire aux conditions requises ; les autorisations restent du ressort des autorités compétentes.

La mutualisation doit elle-même répondre à une exigence de rigueur. Le partage d’une infrastructure implique de clarifier les engagements de service, la protection des données, la continuité d’activité et les modalités de traitement des incidents. Sa valeur se mesure à la qualité du service effectivement rendu aux SFD et, à travers eux, à leurs clients.

Pour le CTI-CI,  chaque SFD doit pouvoir construire sa trajectoire de modernisation avec un accompagnement adapté et des exigences de sécurité pleinement prises en compte.

La liste publiée par la BCEAO représente ainsi un point d’étape. Elle donne de la visibilité aux institutions autorisées et ouvre une réflexion sur les moyens d’élargir la participation du secteur. La prochaine avancée sera aussi collective : aider davantage de SFD à préparer leur évolution et à proposer des services fiables à leurs clients.

Vous représentez un SFD et souhaitez mieux identifier vos besoins de modernisation ? Prenez contact avec le CTI-CI pour échanger sur votre situation, vos priorités et les possibilités d’accompagnement.

Sources

BCEAO — Liste des participants autorisés à ouvrir les services de PI-SPI au public, mise à jour du 30 septembre 2026.

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